«L’inconnue m’y convie. Et je vais fier de n’être attendu nulle part.»
Charles Cros. Le coffret de Santal. Extrait du poème Tsigane

La série débute par un paysage car chaque voyage commence ainsi : de longues heures durant lesquelles je contemple les paysages défiler, lentement, au rythme de l’autocar. Dix pérégrinations, à travers le territoire Européen, qui ont laissé la place à la solitude, à la rencontre, au doute, à l’ennui et à l’étonnement. J’ignore tout des lieux où je vais. Et je pars, avant que tout me devienne familier.
Je photographie le silence des paysages traversés, des instants d’intimités, des visages effleurés, des architectures délabrées et la douceur des intérieurs. L’enchaînement des images montre une Europe décloisonnée de ses frontières : nous voila transporté d’un pays à un autre, d’une saison à une autre, effectuant de nombreux allers et retours. Un rythme issu d’une déambulation elle-même décousue, aux destinations libres et sans à priori.
Le noir et blanc est une échapatoire à la vision humaine. Il instaure, tout comme l’absence de titre et de légende, une distance avec la réalité qui n’est que le point de départ d’une narration.
A cette question : où à été prise cette photo? Je répondrais: à mi-chemin entre mon imagination et le réel, quelque part en Europe.